Club fusée SPACESI : Interview de Lucie présidente du club

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Passionnée par le spatial depuis plusieurs années, Lucie, étudiante en deuxième année de prépa intégrée en systèmes embarqués, a participé au lancement de la fusée Diamant-A à l’occasion des 60 ans de la première mise en orbite française. Forte de cette expérience marquante, elle a décidé de fonder le club fusée SPACESI au sein du campus CESI de Toulouse afin de partager sa passion et permettre à d’autres étudiants de se lancer dans l’aventure. Elle nous raconte son parcours, la naissance du club et les ambitions de son équipe pour le concours C’Space 2026.
Lucie et le spatial : un rêve devenu un projet concret
Bonjour Lucie, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Lucie RUSCONY-VAIANA, je suis en deuxième année de prépa intégrée en Systèmes électriques & électroniques embarqués. Je suis actuellement présidente du club Fusée, que j’ai fondé avec un autre élève.
D’où te vient ta passion pour les fusées et le spatial ?
Cela fait longtemps que je m’intéresse aux fusées, même si c’était au départ plutôt de loin. Il y a un peu plus d’un an et demi, j’ai rencontré un passionné qui fait de l’astro-modélisme depuis longtemps. Il m’a fait découvrir cet univers et m’a notamment invitée à prendre part au projet diamant. C’est ce dernier qui m’a passionnée et m’a vraiment lancée là-dedans.
peux-tu nous en dire plus sur le lancement de la fusée diamant-a ?
C’est une grande aventure ! En 2025 c’était les 60 ans du lancement de la première fusée française qui a été mise en orbite avec le satellite français. Pour fêter ses 60 ans, on voulait refaire cette fusée diamant à échelle un quart donc 4m70. Nous l’avons fait dans le cadre du C’Space.
Le jour le lancement, nous avons rencontré quelques soucis techniques, notamment un problème avec le moteur, ce qui a empêché la fusée de décoller. On a refait d’autres « fusées diamant » à différentes échelles qu’on est allés lancer au MIR (Meeting Italiano di Razzimodellismo) en Italie, début octobre 2025. J’y ai rencontré beaucoup de gens passionnés.
Puis nous nous sommes retrouvés le 29 novembre à la date officielle des 60 ans pour faire décoller une fusex* de 5m60. Cette fois-ci tout s’est bien passé !
*Au C’Space, il y a plusieurs catégories : minif et fusex. La catégorisation dépend du moteur. Les fusex ont besoin d’un moteur plus gros que celui des minif qui sont elles des mini-fusées.
Peux-tu nous raconter comment t’es venue l’idée de créer le club SPACESI ?
J’ai participé au C’Space avec la Team Diamant, le groupe avec lequel on a fait le projet diamant. À cet événement, j’ai rencontré de nombreux clubs et je me suis dit : moi aussi, je veux mon propre club de fusée dans mon école, pour échanger avec d’autres jeunes de mon âge, créer des fusées, et faire découvrir cette passion au plus grand nombre. Je me suis rendu compte que le spatial intéressait d’autres personnes, mais qu’ils n’osaient pas forcément ou qu’ils n’avaient pas de structure à disposition pour développer leur passion. Et je me suis dit que c’était dommage parce que Toulouse est quand même « la Cité de l’Espace ».
en quoi consiste le club fusée ?
Actuellement, c’est un club d’astro-modélisme. L’astro-modélisme c’est : concevoir, réaliser, lancer et pouvoir récupérer et relancer des fusées de modélisme à plus ou moins grande échelle. Cette année, l’objectif est de participer au C’Space de 2026 en fabriquant nos propres mini-fusées et les faire décoller lors du concours.
Avec les autres membres du club, on se retrouve le mardi soir après les cours. On se voit au FabLab pour des réunions de projet, mais c’est également à ces moments que l’on fait l’étape de modélisation :
- mettre en place les idées,
- établir le planning des tâches à faire.
Parallèlement à ces temps ensemble, on travaille de notre côté. On a un discord où on s’envoie toutes nos idées pour avancer.
Pourquoi avoir décidé de construire une minif pour le premier projet du club ?
Dans le cadre du C’Space, on peut développer plusieurs projets : des ballons atmosphériques, des canset (des petits satellites dans des canettes qui sont larguées), des minifs, des fusées, etc. Mon expérience précédente m’a permis d’acquérir des connaissances en fusée, mais ce n’est pas forcément le cas de tous les membres. Je voulais vraiment que ceux qui s’y intéressent, puissent participer et fabriquer. C’est pour ça que j’ai choisi une minif. Pour une première année, commencer par un projet simple semblait plus adapté au nombre de participants. Et les années d’après nous pourrons élever niveau et pourquoi pas faire des fusex.
Pour l’instant, nous avons deux minif en cours. Au C’Space, il est conseillé d’être entre deux et quatre personnes par projet, et étant donné que nous sommes une dizaine, nous avons décidé d’en faire deux. La base des minif sera identique, ce qui va changer, c’est l’expérience qu’on va y mettre. Pour l’instant, nous en sommes à la phase de conception. Les simulations sont prêtes et nous modélisons les différents éléments, comme l’électronique qu’il y a dedans.
Peux-tu nous présenter le concours C’Space 2026 auquel vous participez ?
C’est un concours de lancement de fusées qui est organisé par le CNES et Planet Science. L’avantage, c’est que cela concerne uniquement des clubs étudiants. On est suivi par les bénévoles de Planet Science et du CNES.
C’est le CNES qui fournit les moteurs pour les minifs. Ils suivent les projets et les étudiants qui y participent. Du 11 au 18 juillet, l’ensemble des équipes se retrouve au camp militaire de Ger, près de Tarbes. Cette semaine permet de contrôler les fusées, pour voir si elles répondent toutes au cahier des charges. Puis nous allons les lancer, et à la fin, il y a des prix à gagner.
Pour conclure, quel message aimerais-tu adresser aux étudiants ou aux futurs étudiants qui hésitent encore à rejoindre le club ?
Les fusées, c’est pour tout le monde : « quand on veut, on peut », c’est souvent ce qu’on dit. Et cela prend tout son sens ici car c’est beaucoup moins compliqué qu’on imagine. Et surtout, tout le monde peut y parvenir. Une astronaute avait une citation qui disait que tout le monde peut y arriver, et tout le monde mérite d’avoir les capacités d’y parvenir. Je trouve ça important de mettre ce point en avant.
Présentation du club SPACESI

Plongez dans l’astromodélisme avec le Club SPACESI et participez à l’aventure C’Space 2026 ! Conception, électronique, tests et lancements : les membres créent et font voler des mini-fusées, récupèrent les données et améliorent leurs prototypes. Premier objectif : construire une Minif et briller au concours C’Space 2026 !







